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HEURE LOCALE :







Au XVIIIe siècle, on ne considère plus la ville comme un simple lieu d’habitation et de commerce, mais aussi comme un lieu d’agrément .

C’est dans ce contexte qu’en 1746, l’Intendant Tourny décida la création de l’actuel jardin public sur un terrain occupé par de mauvaises vignes, des pieds médiocres et quelques jardinages. On y planta les premiers arbres en 1749, et l’architecte Voisin édifia une terrasse à trois perrons, décorée par Masset et Laconfourque, alors que l’architecte J. Ange Gabriel dessinait le jardin à la française.

Lieu de rencontre et de promenade on y aménagea des manèges pour l’exercice des cavaliers, mais lorsque survint la révolution, le jardin fut transformé en Champ de Mars où se déroulaient les cérémonies officielles ; toutefois son aménagement avait permis de relier la ville au faubourg Saint-Seurin, et à celui des Chartrons. Sous Napoléon III on transforma le jardin à l’anglaise en l’agrandissant et il prit alors sa configuration actuelle.

En franchissant la grille de fer forgé, face au cours de Gourgue, on remarquera sur la gauche, l'élégance des hôtels, et en passant par la terrasse, on aboutira face à la place du Champ de Mars.

Après être passé devant la statue de Rosa Bonheur, peintre animalier du XIXe siècle, on atteint l'hôtel de Lisleferme (édifié par F.R. Bonfin en 1778) qui abrite de nos jours le muséum d’histoire naturelle. Passant derrière la galerie des anciennes serres aujourd’hui disparues, avec son arc imité du style de Palladio on pourra flâner dans le jardin botanique. 

En empruntant le petit pont sous lequel nagent cygnes et canards, on remarquera cette très belle enfilade d'hôtels édifiés au XIXe siècle. Ceux-là même de la rue Daviau pastichent l'art du XVIIIe siècle, créant une unité architecturale tout autour de ce jardin. Mais au-delà des bâtiments des statues commémoratives comme celle de Léon Valade, ou celle de Maxime Lalanne, au delà même de l'agrément du jardin qui change de visage chaque saison et se pare de fleurs sans cesse renouvelées, c'est toute l’âme de Bordeaux que l’on peut y sentir en pleine nature, un certain art de vivre, si proche de celui du quartier des Chartrons, que l’on peut alors visiter, en sortant du jardin, et en prenant l’actuel cours Xavier-Arnozan, autrefois "Pavé des Chartrons".
Bruno BALONDRADE




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