En 1925, la municipalité adopte un
vaste programme d'urbanisme appelé
"Plan Marquet" (1930-1940). De nouvelles
constructions, par leur vocabulaire commun,
marquent le développement de la cité. L'Art
Déco, aux formes pures et discrètes,
est le style adopté pour ce nouveau
programme. Ainsi sont construites la Piscine
(rue Judaïque), la Bourse du Travail
(cours A. Briand), signée par Jacques
D'Welles, l'architecte en chef de la ville.
Ici les formes modernes, sans excès,
s'intègrent bien au classicisme de
la ville.
Certains architectes réalisent des
formes plus audacieuses, tel Raoul Jourde,
concepteur du voûtement en porte à
faux du Stade Lescure (boulevard du Maréchal
Leclerc), élégant et révolutionnaire.
Le style est bien celui de l'Art Déco,
mais certaines représentations féminines
ou d'athlètes (vases de l'entrée
principale du Stade Municipal) sont directement
inspirées de l'antiquité. Inauguré
en juillet 1938, il est alors le plus vaste
et le plus moderne des stades d'Europe.
Béton pour l'architecture publique,
pierre de taille pour l'architecture privée,
le choix opposé et révélateur
du matériau n'empêche pas le
Stade Lescure d'être à l'origine
d'un nouveau quartier dès 1925.
Les rues paisibles et ombragées sont
bordées de belles demeures à
l'aspect parfois hautain, mais non dépourvues
d'élégance. Des porches aux
lignes pures jouent avec l'ombre et la lumière,
tandis que les fenêtres à pan
oblique, le jeu décoratif des façades
(médaillons, cannelures, roses stylisées)
se veulent plus modernes.
Dès 1920, René Buthaud, produit
une oeuvre au décor de grand feu dont
la qualité place celui-ci au rang des
meilleurs céramistes de l'Entre-Deux-Guerres.
La géométrisation se retrouve
non seulement dans le graphisme du décor
mais aussi dans le profil trapu des vases
eux-mêmes.
Architectes, peintres céramistes ou
décorateurs, s'ils ne sont pas toujours
dans la conception exacte de l'Art Déco,
n'en sont pas moins dans celle des recherches
nouvelles intégrées dans le
contexte local plus traditionnel.